L’une des particularités importante de la technique de frappe Kadochnikov réside dans le principe d’ondulation lors de l’impulsion d’un coup. D’après ce principe, les parties les plus massives du corps commencent à former le mouvement du coup. La « vague » se propage des cuisses et du bassin en passant par les épaules jusqu’aux bras.

L’impulsion donnée par ces parties du corps créée une ondulation d’amplitude et de vélocité relativement faible. Grâce aux muscles détendus cette onde se propage à travers le corps de son point initial d’impulsion jusqu’à l’extrémité contendante du membre. Selon les lois de la physique il s’effectue un transfert d’énergie à relativement basse vitesse des parties massives du corps vers les zones de plus grandes vitesses du membre qui frappe.

 

A l’école, en cours de physique, ce phénomène est mis en évidence par l’étude d’un fouet. Un mouvement d’impulsion relativement calme issu du manche du fouet parvient à la vitesse supersonique à son extrémité. C’est le même processus qui se déroule lors de la transmission de l’énergie issue des parties les plus massives du corps mais néanmoins lentes, vers la surface d’impact de la main.

Ainsi, on peut donner un coup avec un faible coût d’effort musculaire tout en pénétrant avec une grande agilité.

La clé de cette technique réside dans l’habilité du corps à travailler détendu, c’est-à-dire, sans tension musculaire parce que dans des conditions de muscles tendus l’énergie de l’impulsion initiale est dépensée dans la résistance opposée par votre propre corps. C’est tout simplement perdu dans les muscles tendus opposant la résistance.

En tenant compte de ce point vous devrez donc vous tenir dans une position détendue.

Si l’ondulation de votre coup est réalisée correctement, l’impulsion initiale du mouvement (du bassin dans ce cas) sera transmise de votre corps jusqu’à la paume de votre main sous la forme d’une vague.

En accord avec la loi de conservation de la quantité de mouvement la masse du membre mis en jeu dans le mouvement ondulatoire est relativement nulle en comparaison avec la masse du corps ; il y a une augmentation sévère de la vélocité du membre en action.

En amenant l’onde jusqu’au point et lui donnant une rigidité nécessaire à l’impact ceci aboutit à un coup rude et percutant.
Le principe de création de rigidité durant la transmission de la force de frappe aux travers de surfaces est une autre particularité du système Kadochnikov.

La rigidité à la surface d’impact est non pas réalisée par la tension et l’accrochage des parties percutantes du corps (comme il peut l’être dans différentes techniques de frappes d’arts martiaux où vous tendez votre point en lui effectuant une rotation), mais par « relâchement » progressif des pertes issues des tensions ou torsion des liens articulaires.

Le mouvement initial doit être créé par un mouvement du bassin, du torse et d’autres parties du corps rendu possible par une bonne garde et une prévision des coups de l’adversaire.

Après le coup, le retour à l’état d’origine est porté par cette même onde utilisant la quantité d’énergie du recul de l’adversaire. Dans ce cas, le mouvement de retour après un coup direct reporte l’élan initial pour une frappe suivante ou d’autres actions.

Une autre caractéristique importante de la technique de frappe Kadochnikov réside dans le principe de distinction à optimiser l’énergie portée par nos coups. Découle de ce principe le fait que le système Kadochnikov s’efforce à minimiser les gestes parasites, c’est-à-dire n’étant pas directement impliqué dans l’attaque ou la défense. La mise en œuvre plus poussée de ce principe réside dans la combinaison de mouvement d’attaque et de défense particuliers.

Rappelez-vous que lorsque vous donnez des coups vous pouvez vous blesser vous-même. Votre bras est par nature créé pour saisir des choses et non pas pour frapper. Les articulations des doigts sont trop sensibles pour résister à de trop lourdes frappes. Lors d’un combat il faut porter vos coups avec précisions.

Ainsi vous ne devriez pas trop vous presser, ni être imprécis dans vos mouvements. Cependant il n’y a pas de « mauvais coup » dans un combat à mains nues ; tous les coups corrects sont ceux qui vous permettent d’avoir l’avantage sur votre ennemi. Il n’y a qu’un moyen de réduire vos chances de vous blesser les mains : vous entrainer à la frappe constamment.

Les autres règles de techniques de frappe sont relativement évidentes pour les experts. Les coups doivent être donnés pendant l’expiration accompagnés d’une rotation de la surface de frappe et d’un retrait d’une distance équivalente à une personne et demie en fléchissant à moitié lors de l’impact.

Les coups de poings sont portés avec une rotation constante le long de l’axe longitudinal reliant la surface de frappe des points vitaux ou des parties non protégées du corps avec un angle d’environ 45°. La précision de frappe dépend de la bonne évaluation de la distance. Bien évaluer la distance lors d’un combat correspond à un tiers de votre victoire.

Rappelez-vous que lorsque vous donnez des coups vous pouvez vous blesser vous-même. Votre bras est par nature créé pour saisir des choses et non pas pour frapper. Les articulations des doigts sont trop sensibles pour résister à de trop lourdes frappes. Lors d’un combat il faut porter vos coups avec précisions.

Ainsi vous ne devriez pas trop vous presser, ni être imprécis dans vos mouvements. Cependant il n’y a pas de « mauvais coup » dans un combat à mains nues ; tous les coups corrects sont ceux qui vous permettent d’avoir l’avantage sur votre ennemi. Il n’y a qu’un moyen de réduire vos chances de vous blesser les mains : vous entrainer à la frappe constamment.

L’énergie et la cinétique des coups de pieds sont basées sur les mêmes principes que les coups de poing. Pendant que vous donnez un coup de pied votre surface d’impact doit être la base de vos orteils, le talon, le bout de la voûte plantaire, la tranche interne et externe du pied et la zone autour du talon.

Donner un coup de pied avec vos chaussures vous permet de bénéficier de leurs propriétés et en premier lieu de leur relief. Par exemple, le coup de pied à partir de la base des orteils (pieds nus ou avec des chaussures légères) fait relativement peu d’effet.

Cependant le même coup avec l’angle des marques de la semelle de vos chaussures rigides (comme des bottes ou des chaussures de l’armée par exemple) peuvent causer de dommages plus sévères, désorienter votre adversaire voire même lui faire un traumatisme.

Tous les coups doivent être rapides, ponctuels et imprévisibles. Leur efficacité dans tous les cas dépend de la stabilité de votre position lors du coup, de votre habilité à créer un bon élan ainsi que de votre capacité de à discerner les zones de faiblesses de votre adversaire.

Un coup, un autre coup,
Encore un coup et puis,
Boris Boutkéev (Krasnodar)
Place son uppercut

V. Visotsky

Si vous n’avez pas encore entendu la chanson « Le Boxeur Sentimental » de Vladimir Visotsky vous devriez l’écouter. Cette chanson aux teintes humoristiques décrit le combat d’un boxeur qui parvint à gagner sans un seul coup en poussant son adversaire jusqu’à l’épuisement.

« Il parvint au bout de ses forces et,
S’écroula dans un soupir ;
L’arbitre leva ma main,
Qui n’avait pas fait de mal à une mouche … »

Tous les thèmes mentionnés par Vladimir Visotsky dans ses chansons sont issues de la vie réelle s’imprégnant de personnages d’horizons différents. C’est pour cette raison que chaque moindre mot de ses textes prend racines en nous. Cette chanson n’est pas une exception. Donner un coup requiert une énergie phénoménale et peut vous amener très vite à bout de forces. Le fait est que cette histoire est réellement survenue à Alexandre T., un maître des arts martiaux et du combat au corps à corps.

Chaque matin Alexandre T. s’entraîne dans le parc situé à côté de son bureau. L’une des étapes de son entrainement est le lancer de couteaux. Pour ce faire il s’est construit lui-même une cible en bois. Cette cible était placée de telle manière que personne ne la remarque.

Cependant, un jour alors qu’il passait dans le parc il aperçut quelqu’un arracher la cible du sol. Il interpella cet homme et s’en approcha pour lui demander de remettre la cible en place et de partir avant qu’il ne soit trop tard.

Mais l’homme ne fît rien de cela. A première vue Alexandre, de taille moyenne, ne donne pas l’impression d’être un super athlète. Quant à l’inconnu, lui, paraissait plutôt grand et apparemment insolent. Il frappa Alexandre à la mâchoire sans prononcer le moindre mot – plus exactement : il tenta de la frapper mais manqua son coup. (Malgré tout, Alexandre remarqua que le coup n’était pas seulement puissant mais aussi bien placé).

Alexandra se plaça à la distance optimale : créant une illusion de proximité avec sa cible tout en gardant le contrôle sur la situation. Alors qu’Alexandre essayait de décider de ce qu’il allait faire (il ne voulait pas frapper un étranger ni se laisser faire), la situation se résolu d’elle-même par surprise.

Après plusieurs tentatives manquées de mettre K.O. Alexandre, l’homme s’effondra soudainement et l’implora à genoux : « Tuez-moi… ». Son énergie n’était suffisante que pour dix secondes.

Si vous pensez que ces exemples sont ici mentionnés pour vous faire comprendre que les coups sont inutiles dans le self-défense vous vous trompez. Ils ne sont pas seulement nécessaires mais aussi indispensables. Mais ce n’est pas la seule question. Comment peut-on apprendre une telle technique de frappe requérant une quantité d’énergie pouvant venir à manquer dans ce genre de situation ?

Le système d’approche Kadotchnikov de n’importe quelle situation suppose en premier lieu, le déroulement du plus indésirable scénario. C’est la raison pour laquelle il prend en considération avec beaucoup de soin l’économie d’énergie et le maintien de la condition physique.

C’est la raison pour laquelle l’approche Kadochnikov prend en compte différents principaux paramètres basés sur une combinaison de principes scientifiques et des réalités rencontrées dans ce genre de situation. L’approche Kadochnikov dans sa pratique prend en compte les facteurs suivants :

1. Le coup est le processus physique de faible durée durant lequel deux corps (voire plus) se rencontrent mettant en jeu de grandes quantités d’énergie.

2. Durant le contre-mouvement les vitesses s’additionnent.

3. Plus la zone d’impact est précise, plus l’efficience du coup sera importante (dans le cas de forces réciproques).

4. La durée d’un coup est directement proportionnelle à la masse du corps déplacé, la distance parcourue et inversement proportionnelle à la force mise en jeu.

5. Un coup est le moyen le plus puissant de défaire directement son adversaire mais ne détermine pas toujours de l’issu du combat ;

6. Les coups présentent trois principaux inconvénients :
– Il est difficile de contrôler la force de ses coups
– Lors de l’impact vous pouvez aussi vous blesser réduisant ainsi vos chances de remporter le combat
– Les vêtements (particulièrement les vêtements d’hiver) et équipements divers constituent de bonnes protections contre plusieurs types de coups.

7. Tous les coups doivent être rapides et imprévisibles. Leur efficacité dépend de la stabilité du corps qui donne le coup, de l’habilité à créer la bonne impulsion et du bon choix de la zone de frappe.

 

L’auteur : Ar A Kadotchnikov

LA SOURCE – http://kadochnikovsystema.fr/

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